

Highlight · 28 juillet 2026
Raykaa dévoile Miziki, sa nouvelle mixtape
Treize minutes pour dérouler une histoire d'amour au complet, du regret sec à l'abandon total. Voix rauque authentique. Power dressing. Plongée dans Miziki, nouvel EP de Raykaa.
Par ROZELAB®
Treize minutes. C'est le temps qu'il faut à Raykaa pour dérouler une histoire d'amour au complet, du regret sec à l'abandon total. Sauf qu'on sait jamais vraiment avec qui elle parle. Un ex ? Plusieurs ? Elle même ? Miziki, sorti vendredi, entretient le flou du début à la fin, et c'est exactement ce qui rend le projet addictif.
Pour qui découvre l'artiste, un rappel s'impose. Raykaa vient de Kinshasa, repérée au début des années 2020 grâce à son apparition sur le projet Suintement. Nous, c'est Singa Matembele qui nous a arrêté net en 2022, single qui posait déjà une proposition artistique claire.
Raykaa interpelle à la voix et à la vue
Ce qui frappe chez elle, c'est le timbre. Pas de vocalises à rallonge, pas de montées façon diva. Elle reste dans un espace vocal resserré et c'est justement là qu'elle est la plus forte, à sculpter des mélodies qui collent, avec une constance de voix qui la rend identifiable entre mille. La contrainte devient signature.
Visuellement, même logique de contraste. Blazers larges, cravates, chemises, denim, mais toujours ce supplément de féminité qui vient tout retourner, la frange, les talons, le sourire en coin. Un personnage à part entière, autant que la musique.
En 2025, O Lali et A ta santé confirmaient cette direction artistique, comme deux préludes avant l'arrivée de Miziki.
Miziki
L'EP s'ouvre sur Kema, et le ton est donné direct. Cœur brisé, mais tête froide. Elle solde ses comptes sans attendre la moindre excuse en retour, elle a compris depuis longtemps qu'un cœur qui fait du mal finit toujours par payer l'addition. Le clip suit la même logique de contrastes que son univers visuel, elle déambule dans Kinshasa allongée sur un sofa vert posé sur un camion en pleine circulation, jean et converses en bas, allure haute couture en haut. La prod, minimaliste, en deux temps, installe un motif qu'on va retrouver sur tout l'EP.
Deuxième mouvement, O Manioli. Ici elle craque complètement. Elle avoue tomber, la garde baissée, prise à son propre jeu malgré elle. Performance vocale au sommet, instru toujours aussi épurée. Le message est clair, on a beau se protéger après une rupture, l'amour retrouve toujours le chemin pour nous refaire tomber.
Puis vient Ekenge, le morceau le plus dur du projet. Elle a trouvé quelqu'un de bien, quelqu'un qui fait tout juste, et pourtant elle n'arrive pas à lâcher sa garde. Trop de guerres amoureuses derrière elle pour croire encore au calme plat. La méfiance a pris toute la place, jusqu'à abîmer ce qui pourrait être bon. Un solo de guitare clôt le morceau, façon Hotel California, comme une dernière tentative de dire ce que les mots ne suffisent plus à exprimer.
Le projet se termine sur Emmène moi, seul morceau qui bouscule vraiment la formule. Plus hip hop, elle y pose même quelques mesures en rap. Le titre annonce la couleur, elle lâche tout, direction confiance totale, en mode YOLO assumé.
Raykaa signe l'écriture des quatre titres. Kissbeatz tient les prods sur l'ensemble de l'EP.
Crédits additionnels : Kema : Heredanto's Hitmaker en second beatmaker, clip signé Etienne Pro. O Manioli : Ace en second beatmaker. Ekenge : Heredanto's Hitmaker en second beatmaker, guitare basse par La Guitare Qui Chante. Emmène moi, en solo entre Raykaa et Kissbeatz.
Miziki tient sur peu de choses, une instrumentation simple, un timbre reconnaissable, quatre étapes d'une histoire qu'on préfère ne jamais totalement élucider. Et c'est sans doute pour ça qu'on y retourne.


