

Highlight · 16 octobre 2026
Wulada, le coucher de soleil de Djengue.
Camerounaise, basée à Bruxelles, biberonnée au R&B américain. DJENGUE sort Wulada, un morceau coupé en deux comme une journée qui bascule.
Par ROZELAB®
Il y a des morceaux qui racontent une histoire et d'autres qui installent un moment. Wulada fait le deuxième. Le titre veut dire coucher de soleil en bambara, et c'est exactement ce que DJENGUE met en musique : pas la nuit, pas le jour, le basculement entre les deux.
Qui est DJENGUE
Camerounaise, basée à Bruxelles, elle a grandi en France. Elle chante depuis toute petite, d'abord à l'église, et c'est à 18 ans qu'elle décide d'en faire son métier. Avant de sortir sous son nom, elle passe par la case feat, prêtant sa voix aux rappeurs qui cherchent un refrain féminin sur leurs projets.
2021 marque son premier projet indépendant. Depuis, elle a construit une discographie courte mais tenue : l'EP Ardour, puis une série de singles, I Trust You, My Fault, Awana, Falling (Out Of Love). Un R&B soul chanté en anglais, la langue d’origine du genre, qui regarde clairement du côté des grandes voix américaines.
Le morceau
Wulada tient en trois minutes et il est coupé en deux. Première partie lumineuse, portée par un rythme ouvert. Deuxième partie plus basse, plus resserrée, presque un autre morceau glissé dans le même titre. Ce n'est pas un pont, c'est une bascule. On passe d'un versant à l'autre.
Le clip épouse la structure du son au lieu de simplement l'illustrer. Première moitié tournée en lumière dorée de fin de journée, dans l'herbe haute, DJENGUE entourée de figurants en tenues écrues. Deuxième moitié en bleu nuit, elle seule face caméra, éclairée par en dessous. Même décor, même parc, deux températures. Les tenues traditionnelles et les colliers de cauris ancrent l'image côté africain là où la musique, elle, est franchement américaine.
Ce qu'on en pense
Ce qui nous intéresse dans Wulada, ce n'est pas le pedigree vocal. DJENGUE chante juste, mais ce n'est pas là que se joue la singularité du morceau. Elle se joue dans la lignée assumée : ce R&B chanté, posé, qui vient de Jennifer Hudson, de Monica, de Brandy. Une école qu'on n'entend presque plus dans la scène francophone, où tout le monde court après la même prod afro ou drill.
Il y a aussi quelque chose dans le dispositif lui-même. Une artiste camerounaise installée à Bruxelles, qui a grandi en France, qui chante en anglais et qui titre son morceau en bambara. Sur le papier ça pourrait partir dans tous les sens. À l'écoute, ça tient.
Wulada n'est pas un morceau qui cherche à marquer les esprits au premier refrain. C'est un morceau qui se tient, bien construit, bien habillé, et qui donne envie d'entendre ce que DJENGUE fera sur un format plus long.


